dimanche 4 janvier 2009

mardi 19 août 2008

Du flair...


Dans mon dernier article, j'annonçais -c'est exclusif et unique- que j'avais décidé d'offrir le contenu de mon Encyclopédie Mondiale des Vins aux internautes, leur permettant non seulement d'avoir accès à un contenu rédactionnel exceptionnel gratuitement, mais surtout de pouvoir le télécharger -toujours gratuitement- sur son ordinateur.

On se doute que je ne fais pas cela pour m'amuser. Demain, c'est-dire dans seulement quelques mois, l'explosion des "e-book" se précise. Ce qui confirme ma démarche.

J'avais déjà parlé de mon enthousiasme à leur sujet, on voit que, avec ce qui arrive, tout ce que nous préparons depuis des années sur le web avec l'accès mondial à nos réalisations "papier" commence à se concrétiser très sérieusement.

On va donc être les premiers (et les seuls, quel autre auteur-éditeur va oser offrir le contenu de ses livres sans le monnayer ?) à avoir accès à un potentiel de plusieurs dizaines de millions de lecteurs.

Il semble donc "que j'ai aussi eu du flair", comme me l'indique amicalement un webmaster... Voir : Le livre électronique (ebook) en plein essort - Numerama: "Nous avons beaucoup douté par le passé que le livre électronique puisse un jour remplacer le livre papier. Aussi pratique soit-il, l'écran n'apporte pas le confort d'utilisation d'un livre que l'on peut feuilleter, annoter, corner ou stabiloter, que l'on peut refermer en deux secondes sur un simple marque page, et qui s'affiche fièrement dans nos bibliothèques. L'écran tel que nous le connaissions avait aussi le défaut de dégager une luminosité fatigante pour l'oeil (parce que très souvent inadapté à la lumière ambiante), et d'être souvent illisibles au soleil. Mais sans avoir été totalement convertis, notre avis s'est assoupli lorsque nous avons testé le Cybook Gen3, une nouvelle génération de livre électronique distribué en France par l'éditeur M21.

Et le fait est que le marché commence enfin à décoller, après des années où le livre électronique ressemblait plus à un fantasme de geek qu'à une réalité commerciale. Selon le cabinet iSuppli, le nombre d'écrans pour ebooks vendus par les industriels devrait passer de seulement 150.000 en 2007 à plus de 18 millions d'écrans en 2012. Ce qui représente un rythme de croissance annuel de 161 %."


vendredi 28 décembre 2007

Bordeaux : les coups de cœur et le bluff



Comme en Bourgogne, on ne peut que regretter que beaucoup de crus bordelais, réputés ou non, “classés” (en 1855..., merci pour l’actualisation) ou non, “classés” à Saint-Émilion ou en “Crus Bourgeois” du Médoc (les 2 classements étant juridiquement obsolètes, ce qui la fout bien) atteignent des prix qui ne sont plus conformes au plaisir qu’ils procurent. 
J’aime les vrais vins de Bordeaux, du plus grand au plus modeste, et les consommateurs comme les producteurs savent que je défends ce qui les intéresse, et les distingue : le rapport qualité-prix-typicité. Si l’on fait un grand Margaux ou un Pomerol racé à 40 ou 80 e, il les vaut bien. Idem pour une gamme plus abordable, en Graves, dans les Satellites, les Côtes ou en Bordeaux Supérieurs, où les progrès sont exceptionnels.
En-dehors de quelques crus mythiques pour lesquels le prix n’est plus un facteur estimatif (on entre alors dans le monde du luxe), ce qui n’est pas du tout justifié aujourd’hui, et on l’a vu -hélas- avec les augmentations de prix du millésime 2005, c’est un Saint-Émilion “fardé” comme un acteur du carnaval de Venise à 80 e (voire bien plus), un “simple” Médoc à 25 e, un “bon” machin à 20 e ou un Bordeaux Supérieur ultra-barriqué à 15 e. À force de prendre les consommateurs pour des gogos (demain, les Russes ou les Chinois le comprendront aussi), certains vont s’en mordre les doigts...
Pour mémoire, il existe deux “crises” actuellement, très différentes, voire opposées, dans beaucoup de vignobles : celle, désastreuse pour ceux qui la subissent, qui touche certains viticulteurs, la plupart étant dépendants des prix trop bas du tonneau, qui ont du mal à se faire rémunérer correctement. Les causes sont complexes (un certain négoce peu solidaire parfois, une politique de plantation trop importante, des barrières étatiques…). Ils méritent d’être soutenus, et l’on fera ce que nous pouvons pour les aider. C’est une crise sociale.
L’autre crise concerne un bon nombre de vins, à Bordeaux, notamment : trop chers ou trop sensibles à la mode (“vins de garage”), trop endormis sur leurs lauriers, trop imbus d’eux-mêmes, alors que le respect des consommateurs (proposer un vrai rapport qualité-prix cohérent) est impératif. Les acheteurs se sont sentis lésés. On parle beaucoup trop d’argent, de prix, de bonnes notes glanées chez un “gourou” quelconque, et c’est ce que le consommateur retient, alors que, bien sûr, ceci ne concerne qu’une petite minorité. C’est une crise de confiance, et, en même temps, une crise d’identité, tant un bon nombre de vins ont perdu leur spécificité.
Les “primeurs” (depuis 2000, et surtout 2005 où certains crus ont sorti des prix déments et incautionnables) font des vins bien trop chers, et cela commence à créer un sérieux malaise à Bordeaux, tant il y a de différence entre 2 vins d’une même appellation. Pourquoi payer une bouteille à 50 ou 200 e quand on peut trouver du plaisir dans une bouteille 4 à 10 fois moins chère (même si, et je le sais, que les vins ne sont pas “comparables”) ? Je n’ai jamais soutenu ces vins “parvenus” qui se moquent bien du marché français (et de ses consommateurs). Je ne suis pas non plus intéressé par les vins “confiturés”, sans âme ni vertu, qui font tort à la grande spécificité bordelaise. Pour faire ces “vins”, on récolte des raisins surmaturés, on concentre à outrance (avec des concentrateurs) lors des vinifications, on met le tout dans des barriques où le bois peut, sur demande auprès des tonneliers, vous donner le goût que vous recherchez (de la vanille, du sirop, de la confiture…), et on vous sert un vin à la limite de l’écœurement, noir comme de l’encre, gras comme de l’huile et parfumé comme votre bureau en bois.
Si les vins du Médoc (le dernier Classement “Officiel” des Crus Bourgeois est passé à la trappe sur le plan juridique, comme celui de Saint-Émilion, et on le comprend) sont réputés, ce n’est pas pour être des vins intouchables à cause de leur prix ou “putassiers”, ces vins ou micro-cuvées qui n’existent que pour rafler de bonnes notes à des concours et ne correspondent plus à la grande tradition médocaine. Ces pratiques sont une honte pour la majorité des grands vins de la région, qui sont des vins fermés dans leur jeunesse, typés par leur terroir, et qui demandent d’évoluer dans le temps pour s’exprimer, en fonction de chaque millésime, respectant ainsi la nature. La force du terroir est la base de tout. Les autres sont sans intérêt, et les prix sont souvent déments.
À Pomerol, il y a des vins splendides, très typés par le Merlot qui se plaît à merveille dans ces territoires diversifiés. Il faut noter que, les exceptions et les excès confirmant la règle, les vins bénéficient d’un rapport qualité-prix-typicité justifié par la rareté comme par la convivialité et l’amour du vin.
À Saint-Émilion, on revient dans les histoires de clochers, et à beaucoup trop de frime. Outre un Classement “officiel” qui fait plutôt sourire, faisant “monter” certains crus pour le moins incongrument et discréditant d’autres (Guadet, Faurie, Cadet-Bon, Lamarzelle, Petit Faurie de Soutard, La Tour du Pin Figeac...) qui ne le méritent vraiment pas (le Classement est d’ailleurs annulé par un jugement actuellement), on ne peut aussi qu’être déçu par des vins totalement “fabriqués”, vinifiés par ceux qui croient avoir la “science infuse” et veulent nous faire croire qu’en mettant un vin “200 % en barriques neuves” ou en multipliant les manipulations œnologiques, les concentrations et des “essais”, on sait faire du vin ! Ceux-là se moquent des amateurs et des autres vignerons de l’appellation que nous défendons,qui savent très bien s’il faut mettre 10 %, 20 %, 30 %, 50 % de leurs vins en barriques neuves, ou moins, ou plus, selon la force du millésime et la structure du vin. On ne fait du bon vin, et a fortiori un grand cru, que sur des terroirs propices, de la “crasse de fer” aux argiles profondes, assortis de dépôts marins ou d’alios. Gare à certains prix, totalement injustifiés.
Les meilleurs vins de Montagne, Puisseguin, Lussac ou Saint-Georges se retrouvent dans le Classement des “Satellites” de Saint-Émilion, et proviennent de terroirs spécifiques, limitrophes ou rapprochables d’autres sols d’appellations plus prestigieuses, ce qui leur permet de devenir de grands vins à part entière.
Bien que certains tentent de les mélanger, les deux appellations Canon-Fronsac et Fronsac partagent à la fois des différences et des similitudes. Là aussi, des vins sont surcotés et beaucoup plus marqués par leurs vinifications que par un terroir.
Pour les Graves, il existe une variété importante de styles de vins. Cela va des crus réellement (et historiquement) exceptionnels, issus des territoires de Pessac, Martillac ou Léognan, mais aussi ceux de Podensac ou Portets, certains d’entre eux, dans les appellations Pessac-Léognan (quelques-unes des plus belles bouteilles de la région dans les millésimes 2005 et 2004) comme dans celle des Graves, bénéficiant d’un remarquable rapport qualité-prix-plaisir, d’autres crus atteignant des prix difficilement cautionnables. C’est évidemment le berceau des grands vins blancs de la région bordelaise.
Dans les appellations de Côtes, qui se cherchent toujours, il s’agit de choisir entre les vins typés comme nous les aimons, et d’autres cuvées très spéciales, dépersonnalisées (à ne pas confondre avec les cuvées de prestige retenues), faisant la part belle à des vinifications trop sophistiquées, peu propices à mettre un terroir en avant, s’il existe.
Dans les Bordeaux Supérieurs, les progrès sont constants depuis plus de dix ans, et, loin de la démence des prix de certains autres “cuvées Spéciales”, on savoure de nombreux vins remarquables pour leur rapport qualité-prix-plaisir. La plupart des propriétaires retenus élèvent aussi de jolis Bordeaux blancs qui ont du mal à se faire une image.
À Sauternes (et Barsac), l’équilibre géologique et climatique de la région en fait un milieu naturel idéal pour cette fascinante biologie qu’est le Botrytis cinerea. L’appellation a connu une série de millésimes très différents, du plus exceptionnel (2004, 2001, 99…) au plus difficile (2002). Attention au passerillage, qui n’a rien à voir avec le Botrytis...
En liquoreux, les appellations situées face à Sauternes, recèlent des vins onctueux, qui ont du mal à se faire un nom, pourtant d’un très bon rapport qualité-prix-plaisir.
Mes Classements 2008 sont la garantie de ne pas vous faire avoir. Gare au bluff, donc.


Les grands millésimes
Pour les rouges
- les grands : 2005, 2004, 2003, 2001, 2000, 1998, 1996, 1995, 1990, 1989, 1988, 1986, 1985, 1983, 1982, 1978, 1976, 1971, 1970, 1966, 1961.
- les bons : 2006, 2002, 1999, 1997, 1994, 1993, 1981, 1979, 1975, 1964.
Pour les blancs (surtout liquoreux)
- les grands : 2006, 2005, 2001, 1999, 1996, 1995, 1990, 1989, 1986, 1983, 1978, 1976, 1970.
- les bons : 2004, 2003, 2000, 1998, 1997, 1994, 1988, 1979.

vendredi 7 décembre 2007

Venise et ses vins

Si l'on revient toujours avec autant de passion à Venise (ah, le risotto du Harry's bar, à savourer avec un Soave...), on se fait aussi plaisir avec la cuisine de la région, où le poisson, naturellement, est le roi, épaulé par quelques recettes de pâtes ("spaghetti à la Vongole", parfait avec un Bragance) qui s'accordent parfaitement avec les vins du coin.

La Vénétie

Dès le XVe siècle, Venise était le premier négociant de vins de la grande Europe. Les riches marchands vénitiens exportaient en effet les vins grecs et les vins de Vérone ou de Padoue. Les vins de Vénétie sont issus aujourd’hui des cépages plus ou moins hétéroclites Barbera, Merlot, Pinot noir, Cabernet-sauvignon pour les rouges et des Trebianno, Bianchetta, Malvoisie, Pinot blanc ou Traminer. Les secteurs étant disparates, les vins le sont tout autant, blancs, rouges ou rosés, et proviennent des collines véronaises, des monts Berici, des collines Euganéennes, de Bregance et des rives du Piave : Valpolicella, Bardolino et Soave, avec une préférence pour le premier (mais si) qu’il est bien agréable de savourer un peu frais, dans sa jeunesse, même si j’ai eu l’occasion d’être surpris par quelques bouteilles de 8 et 10 ans, qui sont surtout des exceptions. Si je ne vous conseille pas de nombreux vins, c’est qu’ils sont, soit issus d’assemblage, soit des vins de purs cépages pour le moins peu typés (Cabernet, Merlot…), provenant surtout du secteur de Trente et de Trévise (Colli, Piave…). Cinq appellations, d’ouest en est, sortent du lot.



- Bardolino
De bons vins rouges légers (et rosés comme le Chiaretto) proviennent de cette région du lac de Garde, et sont à apprécier simplement pour leur fruité et leur nervosité en bouche, jeunes et frais.

- Valpolicella
C’est le vin de prédilection des alentours de Vérone, issu des cépages Rondinella, Corvana et Molinara, que l’on ne se gêne pas pour rendre très productif. Passons. Un bon Valpolicella n’est pas élaboré pour faire de l’esprit mais pour faciliter le dialogue entre amis. Essayez le Recioto della Valpolicella, un vin rouge étrange issu de raisins passiti, très alcoolisé, aux nuances aromatiques intenses, qui peut rappeler un VDN, voire, de loin, un Porto.

- Bianco di Custoza
Peu connu et produit au sud de Vérone, ce joli blanc, à la fois sec et rond, qui sent les fleurs fraîches, est un vin très attirant, dont certaines bouteilles sont surprenantes qualitativement.

- Soave
Il y a de tout dans cette appellation, des plus simples des blancs, vraiment insignifiants, à des crus plus denses, parfumés, aux notes d’amande et de fleurs, onctueux en bouche comme le Recioto di Soave, de bonne évolution.

- Bregance
Un bon Bregance blanc, notamment le Prazti di Canzio, est un vin tout à fait particulier, très parfumé, fin et suave, très agréable à découvrir sur un poisson de lac. Le rouge peut être excellent, puissant et corsé, aux tanins fermes.

Top Vins de Loire



Dans ce Val de Loire, la force des sols est exacerbée par la volonté des hommes d’élever des vins racés, d’un remarquable rapport qualité-prix. En Sancerre comme en Saumur-Champigny, en Pouilly-Fumé ou en Muscadet, à Vouvray comme à Chinon, en Anjou ou en Touraine, on ne peut qu’apprécier ces vignerons simples et fiers, qui s’attachent à élever quelques-uns des plus grands vins blancs secs et liquoreux, des Crémants remarquables et des rouges typés, comme on les aime. De quoi se faire plaisir. De Patrice Monmousseau (Bouvet, photo du haut) au comte de Colbert (Château de Brézé), voici le top de la Loire.

Voir le Classement de l'année :
http://www.guidedesvins.com/val_de_loire.php

Voir les vignerons de l'année :
http://millesimes.fr/classement.php?rech1=VAL%20DE%20LOIRE&rech4=Y&rech5=A

Les meilleurs millésimes

ALSACE
Il existe une réelle convivialité des hommes de la région et leurs vins atteignent une typicité rare, procurant la joie du vin, à des prix qui ont tendance à monter. Attention à la complexité des terroirs, voire à l’amalgame entre des crus et des lieux-dits. Il faut rechercher la fraîcheur et la vivacité, au détriment de vins parfois trop souples, qui deviennent de plus en plus “douceâtres”. Les millésimes 2005, 2004, 2002 et 2001 sont savoureux, le 2003 a été plus délicat à vinifier (en Vendanges Tardives, misez sur les 2004, 2001, 2000, 97 ou 89)...

Pour les autres régions, voir : Patrick DUSSERT-GERBER » Ce qu’il faut retenir cette année

Voir la Sélection des meilleurs vins

Voir les Classements